ART THÉRAPIE ET CRÉATION NUMÉRIQUE

Un blog animé par les étudiant(e)s du DESU Art Thérapie

« Le Bèlè »

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tambou bèlè 

Le Bèlè, patrimoine Martiniquais

Le Bèlè tient ses origines de l’esclavage. Durant cette sombre période, il était interdit aux esclaves de parler leur langue, de jouer leur propre musique et de pratiquer leur religion. Ils développèrent alors un nouveau moyen de communication transculturel : le Bèlè…

Le Bèlè représente un pan de la culture martiniquaise. Il se joue avec un ou deux instruments : le « tambour bèlè », fabriqué avec des lattes de tonneaux de chêne ayant servi à vieillir le rhum; et le « Ti Bwa », 2 baguettes de bois qu’on frappe sur l’arrière du tambour.
C’est le « Ti-bwatè » (le joueur de ti bwa) qui donne le rythme de base, tandis que « le Kon’lambi » (coquille de lambi) et le chacha peuvent aussi intervenir.

ti-baw tambou bèlè

Les rythmes du bèlè :
- Les bèlè de travail : fouyé tè, rédu bwa, teraj kay, coupé kan-n, manzon-n et gran son.
- Les bèlè de divertissement : bèlè, gran bèlè, bélia, kalennda, danmyé et ladja.
- Les bèlès pour veillées mortuaires : bénézuel, kanigwé, karesé yo, ting bang.
- Les danses la line klè : mabélo, woulé mango.

À ces rythmes s’ajoutent la danse et le chant :
Le bèlè peut être dansé seul, en couple, en groupe, ou encore en quadrille.
Les chants sont en créole et les thèmes développés évoquent des sujets de société

 

 

Déroulement d’une soirée bèlè :
Le chanteur commence et est ensuite suivi par les chœurs les «répondè» (les répondeurs).
Le ti-bwa donne le rythme, suivi par le tambour bèlè. Puis, les danseurs entrent en scène et un dialogue se crée entre eux et le « tanbouyè » (joueur de tambour).
Les répondè donnent la réplique au chanteur et l’auditoire peut aussi participer.
Telle une famille, tous ensemble chanteurs, danseurs et musiciens et public se laissent envaillir par ses rythmes entraînants.

Les « swarés » durent généralement de 20h à 2h du matin. Celles-ci ont lieu régulièrement le vendredi, le samedi ou le dimanche au Nord de l’île. Les soirées bèlè sont l’occasion d’un rassemblement de toutes les générations.

À Sainte Marie vous trouverez la Maison du Bèlè, qui retrace l’histoire et représente la tradition musicale et le patrimoine culturel de la Martinique.

Les Maîtres du Bèlè sont aujourd’hui les  » anciens  » détenteurs de cette tradition. Ils sont majoritairement concentrés dans le Nord Atlantique de la Martinique et plus particulièrement à Sainte Marie. La moyenne d’âge des plus reconnus d’entre eux oscille autour des 70 ans. Parmi les plus connus encore en activité : les chanteurs Félix CEBAREC 67 ans, Berthé GRIVALLIERS 67 ans, Raoul GRIVALLIERS dit Ti Raoul 70 ans, Ciméline RANGON, 78 ans, Benoît RASTOCLE 70 ans, et les tanbouyès Raymond dit Apollon VALLADE 80 ans, Paul RASTOCLE 71 ans ou Félix CASERUS 70 ans…Il n’y a pas une formation  » des Maîtres du Bèlè « . Il s’agit plutôt d’un collectif à géométrie variable. La structure scénique reste la même avec au moins un chanteur, un tanbouyé, un joueur de ti-bwa, et quatre danseurs.
Dans les années 80le bèlè connaît une nouvelle jeunesse avec le chanteur Eugène MONA qui a donné à la musique traditionnelle un nouvelle élan ainsi que La Sosso et le groupe Wapa, Edmond Mondésir et son groupe Bèlènou, Victor Treffe, XTremjam, Bèlè Boumbap de Kali, Lassao, Sully Cally, Boris Reine-Adelaide , Vwa bèl danm, Lébéloka, Bélya, Vaïty, Bèlè Légliz, Lèspri Danmyé….


 

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Written by Nadiège

avril 26th, 2013 at 12:38

Posted in Madinin'Art

One Response to '« Le Bèlè »'

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  1. Bonjour Nadiège, et merci pour ce partage. Des connaissances m’ont parlé d’un spectacle sur un thème dérivé de ce que tu évoques. C’est une pièce de théâtre dont tu as peut-être eu vent : Ceci n’est pas un corps. Le thème, pour faire court :être descendant d’esclave et Etre quand-même :
    http://www.epeedebois.com/dossier_ceci_n_est_pas_un_corps__26-12-12.pdf

    CHRISTINE

    26 avr 13 at 15 h 42 min

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